Psychanalyse et Cinéma à Nice

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Lacan Télévision

BULLETIN INSCRIPTION 6-12-2014

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Projection-Débat du film À CIEL OUVERT, de Mariana OTERO, au Rialto, le 13 mai 2014

Invités : Véronique MARIAGE et François BONY, Psychanalystes Membres de l’ECF

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Cette 5ème projection de Psychanalyse et Cinéma a rencontré un très vif succès malgré son cadre inhabituel, au cinéma Rialto un soir de semaine, le mardi 13 Mai 2014. La séance était en effet complète pour le film documentaire exceptionnel A ciel ouvert de Mariana Otero. Grâce à ses talents de réalisatrice confirmée, cette cinéaste sensible et engagée nous a conviés avec elle à faire l’expérience de dessillement du regard « dans » le Courtil, ce lieu hors du commun qui prend en charge des enfants psychiquement et socialement en grande difficulté.

De nombreuses institutions de la région étaient présentes pour assister à cette projection et participer au débat avec nos 2 invités :

– Véronique Mariage, psychanalyste, membre de l’Ecole de la Cause Freudienne, directrice thérapeutique au Courtil et responsable notamment du groupe d’enfants que nous suivons dans ce documentaire,

– François Bony, lui aussi psychanalyste et membre de l’ECF, délégué aux cartels et travaillant notamment à l’IME Les Terrasses à Nice.

Avant la projection, Lisa Huynh-Van a présenté au public le parcours de Mariana Otéro, la genèse du film et les intentions de son auteur. Après avoir fourni quelques points de repères sur l’historique du Courtil et les conditions du tournage, Lisa Huynh-Van a conclu en insistant sur ce qui, dans cette œuvre cinématographique, éclairait la pratique psychanalytique: « 1h50 de film issues de 180 heures de tournage ont permis de mettre en image, la pensée psychanalytique, mise en action, en actes au quotidien par et avec ces enfants. Ce film d’une grande pudeur est à la fois une œuvre d’art par tout ce qu’il contient de création, d’émergence de vie mais c’est aussi un outil de travail et de réflexion pour notre pratique, un documentaire politique dans ce qu’il montre et fait ressentir comment le soin mêle l’intime à l’universel, l’être singulier à la démocratie dans la cité. »

Le public était particulièrement attentif au témoignage de Véronique Mariage goûtant bien évidemment les anecdotes de tournage, mais surtout, buvant ses paroles lorsqu’elle évoquait en détail certains aspects de ses 30 ans d’expérience au Courtil – les réussites, les impasses, les découvertes…

Le film a eu un tel impact auprès du public que déjà plusieurs institutions présentes vont retravailler sur les situations cliniques du film. Deux institutions ont déjà prévu d’organiser en interne une projection d’ici la fin de l’année et ont convié notre invitée Véronique Mariage.

Lisa Huynh-Van

 

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Projection-débat du film Camille Claudel 1915 au MAMAC le 1er février 2014

Invités : Franck Rollier et Armelle Gaydon

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2014.02.01 ACF-ECA Projection-Débat autour du film “Camille Claudel”

En cet après-midi du 1er février 2014, la séance de projection organisée au MAMAC dans le cadre de l’activité de l’ACF Psychanalyse et Cinéma a de nouveau rencontré son public : près de 150 personnes ont assisté à la projection du film Camille Claudel, 1915, du réalisateur Bruno Dumont, avec une Juliette Binoche habitée par son personnage.

La projection a été introduite par Lisa Huynh-Van, qui vient de succéder à Armelle Gaydon comme responsable de l’activité Psychanalyse et Cinéma. En donnant quelques précieuses clés de lecture, elle a préparé le public à rencontrer un objet cinématographique original, issu du désir de filmer d’un réalisateur exigeant. En effet, cinéaste controversé, considéré comme radical et austère, Bruno Dumont n’est pas intéressé par le cinéma calibré. Son but est d’emmener les spectateurs « derrière », là où ils n’auraient pas envie d’aller.

Comme l’analyse Lisa Huynh-Van, « Bruno Dumont utilise les différentes techniques du cinéma avec une singulière économie de moyens, qu’on pourrait dire orientée par la soustraction : c’est-à-dire qu’au lieu d’ajouter, il retire sans cesse. Comme en sculpture, il dépouille ». Aucune fiction, donc, pour voiler le réel de la folie et de l’internement. Dans ce but, le film est construit exclusivement à partir du « Journal médical » et de la correspondance de Camille Claudel. De même, les décors viennent uniquement de sources photographiques existantes. La bande-son, réalisée en prise directe, est dépouillée de tout effet illustratif musical. Enfin, Bruno Dumont a tourné avec de vrais patients, et non des acteurs singeant la maladie, au moyen d’une minutieuse préparation associant patients, familles et soignants.

Bruno Dumont souhaite terminer ses films là où le spectateur commence à réfléchir. Par ce dépouillement, ce creux, il lui laisse une place importante, l’amenant à se questionner, à interpréter et à projeter du sens. Ce but a été atteint car après la projection, le film a suscité de la part du public, de nombreuses questions adressées à nos deux invités, Armelle Gaydon et Franck Rollier, tous deux psychanalystes et membres de l’Ecole de la Cause freudienne.

Armelle Gaydon s’est interrogée sur ce que Bruno Dumont a cherché à nous montrer en soustrayant, du symbolique, le « blablabla » et de l’imaginaire, le côté inflationniste et sans bornes, cherchant l’épure, pour se situer au plus près du réel afin de nous percuter avec cet objet cinématographique brut. « Ce dont l’artiste nous livre l’accès, c’est la place de ce qui ne saurait se voir », a-t-elle rappelé.

« Dans les films de Bruno Dumont, ce qui ne saurait se voir, c’est le hors-sens et la folie, le sexe et la mort. Ce qui ne saurait se voir, c’est le non-rapport : soit la folie de Camille, ou les raisons l’ayant poussée à produire une œuvre exceptionnelle suivie de 40 ans de silence ». Que reste-t-il quand Bruno Dumont retranche tout ainsi et reste au plus près de sa propre lalangue ? Il reste les corps vivants, jouissants, le mouvement et le vent, et une « vraie » Camille vivante, intense, incarnée le temps d’un film.

Franck Rollier ayant lu la biographie et la correspondance de Camille Claudel a soumis à notre appréciation une remarquable analyse de quelques éléments clés de la vie de l’artiste. Camille, dès son plus jeune âge, fut persuadée de son génie et imposa à son entourage ses exigences d’artiste. Devenue femme, elle est portée par ce statut, mais se trouve ravagée par sa relation avec Rodin, vécue sur un mode imaginaire et mortifère. Il semble qu’elle n’ait pas supporté les vicissitudes de sa vie amoureuse et la reconnaissance sociale extraordinaire que connaît Rodin, qui la laisse, elle, dans l’ombre. Un décollement s’est opéré entre son être de femme et son être de sculpteur. Dans le contexte de l’époque où sa liberté fait scandale, elle se confronte aux difficultés d’une maternité sans doute impossible, ou tragique, et à une relation à sa mère marquée par la haine (Camille naît après la mort d’un fils).

Un spectateur ayant demandé quel était l’état de la psychiatrie à l’époque, les invités précisèrent le contexte. En 1915, dans les asiles tels que celui du film, on recourt beaucoup à la contention et on administre des sédatifs. Les neuroleptiques, les anxiolytiques arriveront bien plus tard, en 1950. La psychothérapie est pratiquement absente. Que Bruno Dumont centre son propos sur la folie et les conditions de son traitement est un enjeu d’actualité dans la mesure où en vingt ans le nombre de lits de psychiatrie a été divisé par deux et le personnel diminué, et que nous vivons un moment où le statut de la parole est menacé au profit d’une évaluation visant à tout quantifier au nom de la rentabilité. C’est une question cruciale, éthique, politique et clinique, pour notre civilisation, sur la place donnée à la folie.

Le film de Bruno Dumont est donc un film qui permet de nous interroger sur tous ces points. Il se termine sur une très belle scène montrant la fonction asilaire pour Camille, remarque Armelle Gaydon. Camille est assise, et sourit en contemplant le mur du jardin, qui est suffisamment loin pour qu’un espace ouvert, sur le ciel et la nature, se dessine pour elle.

                                                                                                                                                             Lisa Huynh-Van

 

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D’autres voix

Un autre regard sur l’autisme

Deuxième projection du film

Samedi 15 juin 2013 – 17h-19h30

Au MAMAC – Auditorium du MAMAC – Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain

Promenade des Arts, 06000 NICE

En présence des réalisateurs
Ivan RUIZ et Silvia CORTES

Invité
Philippe DE GEORGES

Débat animé par :
François BONY
Armelle GAYDON

Ce film « ACOUSTOUFLANT » donne la parole à des sujets autistes, à leur entourage, et à des psychanalystes.

Pour visionner la bande annonce cliquer ici

 
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 Un film à ne pas manquer !

Le film D’autres voix. Un autre regard sur l’autisme  a été projeté le 1er décembre 2012 à Nice, en avant-première mondiale, en présence du réalisateur Ivan Ruiz. L’auditorium du MAMAC étant plein et laissant à la porte des dizaines de spectateurs, Ivan Ruiz accepta le principe d’une deuxième projection, qui se déroulera le 15 juin.

Ce film « ACOUSTOUFLANT » donne la parole à des sujets autistes, à leur entourage, et à des psychanalystes. Il y aura un avant et un après ce film. Véritable innovation dans notre champ, D’autres voix invente un style subtil et délicat pour aborder le réel de l’autisme, en instillant la dose de poésie sans laquelle ce réel ne se laisserait pas approcher. En donnant la parole à des autistes et à leurs proches, il parvient à leur donner une visibilité sans les montrer, à nous parler d’eux sans les exposer.

Parce qu’il touche et fait mouche, D’autres voix dépasse la seule question de l’autisme. Par sa manière d’évoquer le cœur parlant de tout sujet, il s’élève à une dimension qui touche à l’art. C’est pourquoi il est à ne pas manquer.

 
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Visionner des extraits du débat du 1er décembre

Vous pouvez visionner 6 extraits du débat qui suivait la projection du 1 décembre 2012.

N’oubliez pas également d’aller lire les articles sur le rapport « Psychanalyse et Cinéma » (rubrique Bizarre vous avez dit bizarre » ainsi que des citations sur le rapport psychanalyse et cinéma (rubrique Atmosphère). Le menu déroulant ci-dessus vous permet d’accéder à ces différents thèmes.

À vos clics !  

Présentation d’Ivan Ruiz par François Bony :
http://www.dailymotion.com/video/xxr0uu_extrait-du-debat-du-film-d-autres-voix-presentation-d-ivan-ruiz-par-francois-bony_webcam

Contexte du film, la bataille de l’autisme par François Bony :
http://www.dailymotion.com/video/xxr12a_extrait-du-debat-du-film-d-autres-voix-contexte-du-film-la-bataille-de-l-autisme-par-f-bony_webcam

Le résultat d’une analyse par Ivan Ruiz :
http://www.dailymotion.com/video/xxr1dt_extrait-du-debat-du-film-d-autres-voix-le-resultat-d-une-analyse-par-i-ruiz_webcam

Les commentaires de Philippe De Georges :
http://www.dailymotion.com/video/xxr1sj_extrait-du-debat-du-film-d-autres-voix-commentaires-de-ph-de-georges_webcam

Albert par Ivan Ruiz et Philippe De Georges :
http://www.dailymotion.com/video/xxrbfh_extrait-du-debat-du-film-d-autres-voix-albert-i-ruiz-ph-de-georges_webcam

La danse et la relation à l’enfant par Ivan Ruiz :
http://www.dailymotion.com/video/xxrbwt_extrait-du-debat-du-film-d-autres-voix-la-danse-et-la-relation-a-l-enfant-spectateur-i-ruiz_webcam

François Bony, Ivan Ruiz et Philippe De Georges, lors de la projection du 1er décembre 2012 au MAMAC de Nice

Bony, Ruiz & De Georges

D’autres voix. Un autre regard sur l’autisme
Une activité de l’Association Cause Freudienne-Estérel Côte d’Azur
Organisée par l’équipe « Psychanalyse et Cinéma à Nice »
Contact : cine.acf@gmail.com – Tel : Armelle Gaydon 06.03.02.03.03

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